
''Hey regardez ! J’ai fait un héros qui pisse, je suis super subversif.''
Ouais, moi aussi je vais faire comme American McGee : French Threanor présente un test réalisé, pensé et écrit par French Threanor. Bon voilà je m'arrête c'est super lourd, d'ailleurs j'ai peut-être un problème d'égo (ou de compétence) mais je suis le premier à être mal à l'aise en lisant ça. Un phénomène qui n'a pas l'air de toucher notre ami le développeur américain, engagé sur la voie des stars profitant de leur pseudo-renommée pour arrêter de faire des efforts et refiler un peu n'importe quoi sous couvert d'expérimentations ludo-avant-gardistes, interpelant notre rapport à l'art et critiquant la société de consommation.
Vous voudrez bien m'excuser de commencer par la fin, ce n'est pas le genre de la maison, mais ma concentration est légèrement perturbée par El Gringo lancé dans sa plus belle imitation de Freddy Mercury, m'obligeant à surveiller les deux Hongrois apparus mystérieusement dans la voiture qui semblent prêts à tout instant à se jeter par la portière sur l'autoroute. Nous n'aurions peut-être pas dû mentionner la guirlande de pin-up, les pelles dans le coffre et les chauve-souris. Mais je m'emballe alors reprenons calmement : Grimm est l'adaptation des contes du même auteur sous forme de petits épisodes proposés en téléchargement par Gametap, le Metaboli américain. Si vous n'êtes pas abonné, chaque épisode est gratuit dans les 24 heures après sa sortie, puis vendu dans les trois euros. Avec 24 prévus au total, je ne crois pas que ce soit l'option la plus rentable. En tout cas, le premier épisode est offert et suffit largement à se faire une idée de la chose.
Première mutation consonantique. Vous connaissez Hearts of Iron ? C'est bien, Grimm n'a absolument rien à voir. Chaque épisode est découpé en petits niveaux fermés dans lequel le héros noiraud répand la saleté, le mal et la corruption. Pour ça, il suffit de se promener un peu partout dans le décor en évitant les ennemis nettoyeurs. Au début, vous ne pouvez que les assommer temporairement puis lors-que le niveau de transformation du monde est assez élevé, votre aura maléfique les trans-forme en bestioles inoffensives supprimant toute difficulté ou nécessité de réflexion. À part ça, quelques passages de plateformes un peu crispants retardent le moment où l'on en vient à s’interroger sur le public visé par la nouvelle production de McGee. Sûrement de très jeunes enfants ou de vieux fans de Tim Burton, qui se demandent encore à quoi ressemble un jeu vidéo. Malgré l'utilisation de l'Unreal Engine 3, la réalisation est basique et je trouve dommage que le choix d'un aspect cartoon désamorce la perversion des contes, qui auraient gagné à se montrer plus sombres et adultes. Bref, il n'y a rien là-dedans qui me pousse à continuer après la demi-heure du premier épisode et encore moins à payer le prix d'un marteau décapsuleur (disponible dans toutes les bonnes stations-service est-allemandes).
Malgré les errements récents d'American McGee, nous avions en tête le bon souvenir de sa version d'Alice, suffisamment pour espérer un traitement original des contes de Grimm. Certains y verront peut-être la réinterprétation post-moderne d'une mythologie fondatrice de notre culture européenne, mon esprit borné se contente d'un "jeu" destiné aux enfants surfant vaguement sur le culte de Katamari Damacy et le format épisodique pour se démarquer. Avant de me désavouer, téléchargez donc le premier épisode et constatez que, contrairement à la drogue, cette stratégie commerciale ne devrait pas suffire à vous
rendre accro.