L’Allemagne est un pays magnifique. Tous les ans, c’est avec une joie non dissimulée que je retrouve toutes ces petites spécificités qui font mon bonheur. Oh, je pourrais vous parler longuement de sa gastronomie éblouissante à base de saucisses au pâté, du bruit si délicat de ses nombreuses éoliennes, de ses paysages dignes des meilleurs reality-shows soviétiques ou encore de la virilité de ses jeunes filles, mais non, aujourd’hui, c’est du CeBIT que je vais vous parler. Acronyme de "Centrum der Büro- und Informationstechnik" (à prononcer avec l’accent délicat d’outre-Rhin), le CeBIT est le plus gros salon européen dédié au monde de l’informatique. Et chez Canard PC, depuis qu’on s’est mis en tête de parler de matos sérieusement, on n’aurait raté ça pour rien au monde.
L’édition 2008 du CeBIT augure d’un changement majeur d’orientation. Plombés par une baisse croissante de la fréquentation, les organisateurs du salon ont choisi de le réorienter vers un événement purement « business ». Il est vrai que depuis quelques années, le CeBIT était devenu une sorte de grande foire grand-public dédiée au marketing, où le principal objectif du visiteur était la chasse aux goodies (le sac de sacs étant le plus prisé) et le reluquage de « Babes » au look le plus vulgaire possible. Désormais, inutile d’attendre des annonces fracassantes : avec la démocratisation d’Internet, les constructeurs n’ont plus besoin de tels événements pour dérouler leurs plans de communication à l’échelle mondiale. La principale conséquence était donc l’absence de certains grands constructeurs comme NVIDIA, Lenovo ou encore HP, tendance qui devrait encore s’accentuer dans les prochaines éditions. Toutefois, l’endroit reste incontestablement un lieu privilégié pour parler affaires et pour rencontrer de visu les représentants des marques.
Mais parlons nouveautés, car heureusement, plusieurs produits intéressants – souvent en provenance de petits fabricants – ont tout de même été présentés lors du CeBIT. Pour vous les présenter, nous avons mis en place une galerie photo destinée à héberger les photos prises par la rédaction de Canard PC lors d’événements de ce type : salons, exhibitions, orgies… Actuellement, celle-ci utilise un thème par défaut, qui sera très vite customisé par Émile Zoulou, dont le talent en la matière n’est plus à démontrer
= Visiter la galerie =
Voici toutefois un petit résumé des nouveautés.
Côté processeurs et cartes mères, rien de révolutionnaire, ni Nehalem d’Intel (le successeur des Core 2), ni même un Phenom Tri-Core. Par contre, les futurs P45/X48 d’Intel étaient omniprésents et chaque fabricant présentait une flopée de carte mères équipées de ces chipsets. Hélas, force est de constater qu’outre le support anecdotique du FSB 400 MHz (1600 QDR), ces chipsets n’apportent pas grand-chose de nouveau. Même chose pour le nForce 790i de NVIDIA dont le seul ajout est le support de la coûteuse DDR3. Côté graphique, c’est la GeForce 9800 GX2 (une carte basée sur deux PCB de 8800GT en SLI) qui faisait l’événement. Pas spécialement pour la carte en elle-même (dont les photos circulent sur Internet depuis plusieurs semaines) mais plutôt à cause des vaines tentatives de pression de NVIDIA pour faire cacher ses cartes avant la fin du sacro-saint NDA.
D’un point de vue plus général, deux choses nous ont marqués lors de ce salon. Tout d’abord, la volonté manifeste d’Intel de privilégier les cartes graphiques d’ATi (et donc d’AMD) sur ses plateformes plutôt que les GeForce de NVIDIA. Étrangement, la quasi-totalité des cartes mères basées sur un chipset Intel en démonstration chez les constructeurs étaient équipées de Radeon. Ensuite, l’explosion du nombre de fabricants d’alimentations. De l’aveu d’un d’entre eux, ce business a le vent en poupe et s’avère nettement plus rentable que d’autres composants.
L’autre point marquant était la présence des ultra-portables et autres MID (Mobile Internet Device) surfant sur la vague de l’EeePC d'Asus ou de l’iPhone d’Apple. On pouvait en trouver, de toutes les tailles et à tous les prix, à chaque coin du CeBIT. Certains franchement farfelus, certains nettement plus convaincants comme le B1H de WiBrain. Ce type de gadget communicant devrait donc envahir le marché d’ici quelques mois.
Enfin, terminons par un mot sur les "disques à mémoire flash" SSD. C’est un fait : les SSD remplaceront bien nos disques durs mécaniques à terme. De nombreux constructeurs exposaient des modèles 64 Go et 128 Go, au format 2.5 et 3.5 pouces. Selon les informations que nous avons recueillies, la bataille de prix pour 2008 devrait concerner principalement les versions 64 Go. Les pronostics avisés d’un responsable de SanDisk (pour ne pas le citer) indiquent qu’un prix de 300 dollars est envisageable d’ici la fin de l’année. Soit trois fois moins qu’actuellement.
Voilà pour les grosses tendances de ce CeBIT 2008. Prochaines nouveautés à l’IDF de Shanghai, début avril. Vous ai-je déjà parlé de mon amour pour la Chine ?