Le sexe dans les jeux vidéo, c'est pas encore ça. De la pudibonderie de Mass Effect à la vacuité de Singles en passant par le grotesque mini-jeu hors-champ de God of War 2, il n'y a guère que Grand Theft Auto: San Andreas qui ait su dépeindre des rapports épanouis. Ce qui avait valu à Rockstar et Take-Two une retentissante class-action.
C'est le New-York Times qui la rappelle à notre bon souvenir. Les personnes s'estimant lésées avaient en effet jusqu'au 16 mai pour réclamer un dédommagement de 5 à 35 dollars et éventuellement une copie du jeu désinfectée. Surprise, selon le journal, seulement 2676 parasites se sont manifestés, ce qui, sur les millions d'acheteurs du jeu, ne fait pas lourd. De fait, Rockstar devrait dépenser à peine 30 000 dollars dans le cadre de ce remboursement, une paille à côté du million d'amendes (un dollar l'une) exigé par les gourmands avocats et des 860.000 biffetons promis à une œuvre caritative.
L'affaire pourrait s'arrêter là si un avocat-gamer (non, pas le nôtre) n'avait pas décidé de narguer ses collègues déçus en estimant leur réclamation illégitime, sur la base de deux arguments : les clients offusqués sont minoritaires et une partie d'entre eux ne savaient pas que, en sus du sexe (chut), GTA : San Andreas proposait une violence explicite. Ainsi de Brenda Stanhouse, qui a acheté ce jeu Rated M for Mature à son fils de 15 ans, et témoigne de son ignorance. Elle ne savait pas que l'on pouvait y "piétiner à mort des piétons innocents" pour ensuite "leur voler de l'argent". Laissons-lui d'ailleurs le mot de la fin : "Je suis consciente que l'on peut tuer dans ce jeu, mais je ne savais pas qu'on pouvait voler." Moi non plus, j'ai d'ailleurs fait tout le jeu à pied avant de changer d'ophtalmo.