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VAC securedMedic
24/24
cp_well  fermer Screen Map
Nom Score
Fru][i 33
Leto 26
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Rajek 20
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image type de jeu
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cp_yahlab_v2_1  fermer Screen MapLe serveur est vide
image type de jeu
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tc_hydro  fermer Screen Map
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pl_goldrush  fermer Screen Map
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image type de jeu
VAC securedUber
24/24
pl_hoodoo_b4a  fermer Screen Map
Nom Score
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VAC securedJackson
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lemming laissé pour MORT 18
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VAC securedLenzi
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l4d_smalltown05_houseboat  fermer Screen Map
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iToons 31
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VAC securedRaimi
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l4d_farm05_cornfield  fermer Screen Map
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AlaRach 2
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hoOpla 1
image type de jeu
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l4d_smalltown05_houseboat  fermer Screen Map
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Pozd 30
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VAC securedFulci
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l4d_hospital03_sewers  fermer Screen Map
Nom Score
Skeldur 10
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VAC securedRomero
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l4d_smalltown04_mainstreet  fermer Screen Map
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DirtyNastyVoodooDoll 40
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VAC securedO'bannon
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l4d_hospital02_subway  fermer Screen Map
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tartopom 4294967295
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l4d_smalltown01_caves  fermer Screen Map
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l4d_vs_hospital01_apartment  fermer Screen MapLe serveur est vide
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VAC securedWood
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Praag 4294967295
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bozob 6
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Stats TF 2

classe_image
Soldier
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01/12/08 19:00 DVD | Guerre et Pègre | série
illustration

Putain, j'en chialerais. Ainsi se termine, après cinq saisons comme prévu initialement, la meilleure série policière jamais tournée. Bon, allez, probablement la meilleure série tout court en ce qui me concerne.

Les vieux lecteurs de "Canard PC" ont pris l'habitude de lire dans la rubrique "Papier Culture" les râles d'extase qu'Ackboo et moi-même tâchions fébrilement de retranscrire à la sortie de chacune des saisons. A ceux-là, je dis : "Amis, il n'est plus temps de tergiverser, courrez vous procurer cette ultime livraison et rendez grâce aux deux auteurs, David Simon et Ed Burns".

Aux autres, qui ne mesurent pas la chance qu'ils ont d'avoir encore devant eux cette découverte à faire, je vais tenter d'expliquer pourquoi ils doivent absolument inclure la totalité de cette série dans leur liste de Noël.

sur ecoute 1

 

"Sur écoute" (The Wire, en VO) est une série policière qui décrit la vie des criminels et des forces de l'ordre dans la ville de Baltimore. Diffusée par HBO, elle a été créée par David Simon, un ancien journaliste du "Baltimore Sun", et par Ed Burns, ex policier de la ville, source du premier au sein des forces de l'ordre.

Hommes de terrain, ces deux là ont vu de près tous les problèmes d'une ville confrontée à la pauvreté et au trafic de drogues. Plutôt qu'une succession d'anecdotes vendues au plus offrant des producteurs hollywoodiens, ils en ont tiré une vision profondément politique de la chose. Politique, au sens grecque : "qui a rapport à la conduite des affaires de la Cité". En ce sens, "Sur écoute" est une série extrêmement politique puisqu'elle ne cesse de mettre les acteurs de la société civiles (industriels, politiciens, éducateurs et journalistes) face à leurs responsabilités dans la situation de leur ville.

sur ecoute 2

 

Durant sa première saison, la série pose les termes de ce qui sera le fil conducteur de toutes les saisons suivantes : d'un coté l'organisation et la vie quotidienne des trafiquants de drogues petits et grands; de l'autre les efforts que la police tente de leur opposer et en particulier ceux qui sont nécessaires pour obtenir des autorités les moyens adéquats. "Sur écoute" est donc d'abord l'histoire d'une longue succession d'enquêtes anti-drogues menées à base d'écoutes téléphoniques, avec ses héros récurrents coté police comme coté gangsters. Mais à partir de ce postulat de départ, et inextricablement lié à celui-ci, chaque saison aborde en prime un thème particulier qui conduit à analyser un aspect différent de la situation sociale de la ville.

La saison 2 explore la désindustrialisation et ses conséquences pour l'activité du port de Baltimore, ses ouvriers et leur syndicat. Pendant la saison 3, c'est l'affairisme et l'obsession du rendement qui entraînent les dealers à prendre des cours de marketing sauvage, les politiciens à user de tous les artifices pour être élus et les policiers à truquer les chiffres de la criminalité par tous les moyens, y compris en expérimentant sur la légalisation de la drogue. La saison 4, peut-être la plus brillante et la plus désespérante à la fois, est consacrée au système éducatif américain et à sa faillite, au sens propre comme au figuré. Enfin, la dernière saison décrit sans pitié la lente dégradation du travail de la presse en introduisant plusieurs personnages travaillant au Baltimore Sun. Et c'est comme cela qu'il faut comprendre le titre original de la série : ce n'est pas seulement une référence à l'écoute téléphonique (the wiretap) : "The Wire" c'est textuellement "le fil", celui qui relie tous les acteurs et domaines de la ville entre eux.

sur ecoute 3

 

Cette construction originale, où les grands arcs scénaristiques courent sur toute une saison, permet une écriture très libre des épisodes. Puisqu'il n'est pas nécessaire de boucler une intrigue après chaque tranche de 52 minutes, la série prend le temps d'installer ses personnages, de montrer les détails de leur vie, leurs hésitations, leur erreurs. Après quelques épisodes, on se rend compte avec surprise à quel point il est incroyablement agréable d'être considéré comme un adulte par une fiction télé, à quel point a contrario les autres séries sont toutes entières écrites pour un public supposé incapable de se concentrer plus de trois minutes.

Ce n'est donc pas une surprise de retrouver au générique en tant que scénaristes la crème des auteurs de romans noirs américains : Richard Price, George Pelecanos et Denis Lehanne. Tous trois ont des approches similaires de la réalité sociale américaine, bien que prenant en général pour sujet trois villes très différentes : New-York pour Richard Price, Washington pour Pelecanos et Boston pour Dennis Lehane. Rarement une même série aura fait appel à autant de talents d'écriture réunis et, ayant commis grosso modo un quart des scripts, il y a fort à parier qu'ils ne sont pas pour rien dans l'impression générale de qualité. J'ai été également favorablement impressionné par l'attention apportée à la qualité de l'image. Sans effets tape-à-l'œil, ni filtres à la mode ni mouvements bizarres, on sent que les scènes sont filmées avec un vrai soin et chaque plan est réfléchi, donnant parfois lieu à des images superbes. Comme par hasard, parmi les réalisateurs revenant le plus souvent sur la série, on trouve Ernest R. Dickerson, le directeur de la photographie de tous les premiers Spike Lee.

sur ecoute 4

 

Et pourtant, malgré un succès critique certain (Stephen King s'est même fendu d'un édito dithyrambique sur la saison 4 dans Entertainment Weekly), malgré (ou à cause de) l'incroyable qualité générale de "Sur écoute", la série n'a pas connu de véritable succès d'audience aux Etats-Unis. La faute au propos, trop pessimiste pour le téléspectateur lambda; la faute au rythme, trop posé par rapport aux séries montées comme des clips; la faute aux personnages, trop nuancés pour une télé dominée par Les Experts; la faute au casting, trop… noir. C'est sans doute triste à dire juste après l'élection de Barack Obama, mais il semble bien que ce soit une des raisons du relatif manque de succès de "Sur écoute" : être une des rares séries où 80% du casting est black. Pourtant, les acteurs en question (tous inconnus avant le début ou presque) sont d'incroyables révélations : je serai bien surpris si au moins une demi-douzaine d'entre eux ne cartonnent pas sur nos écrans dans les toutes prochaines années.

"Sur écoute (saison 5)", une série télé en coffret DVD chez HBO / Warner, disponible en zone 2 pour environ 50 euros.

P.S. : "Sur écoute" est disponible en dvd zone 2 (édition Benelux), notamment sur Mediadis.com, mais aussi en import zone 1 (avec une piste de sous-titres en français un poil québécois).

 

Ivan Le Fou
25/11/08 15:34 film | Guerre et Pègre
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Héros du cinéma anglais à la fin des années 90 (grâce à l'OVNI "Arnaques, crimes et botanique" et au succès de "Snatch"), le réalisateur Guy Ritchie tente avec "RocknRolla" de relancer sa carrière. Pas facile quand on a misérablement dérapé avec deux bides honteux où figuraient sa femme et un navet produit par Luc Besson.

Pour compliquer encore les choses, il a choisi de ne plus travailler avec sa femme et de divorcer de son producteur historique. Ou le contraire.

Bref, il quitte Madonna et n'est plus produit par Matthew Vaughn, qui s'est lui-même lancé dans la réalisation. En lieu et place, on trouve Kelly Reilly et Joel Silver. Ce qu'on gagne d'un côté, on le perd de l'autre, semble-t-il.

Alors va pour un film de gangsters londoniens, une histoire de petites frappes magouilleuses qui se retrouveront prises entre le marteau et l'enclume, comme il se doit. Pour mettre le tout au goût du jour, ajoutons un chanteur de rock défoncé (mais pas de top model sniffeuse), une arnaque à l'immobilier concernant un stade de foot et un millionnaire russe sans pitié. Tout le monde parle avec un accent à couper au couteau de boucher (attention à la VOST : les sous-titres apparaissent une fois sur deux sur fond blanc, donc illisibles), la caméra a du mal à trouver un coin calme où se poser et les répliques plus ou moins futées s'accumulent. Après "Arnaques, crimes et botanique", puis "Arnaques, crimes et botanique 2 : Snatch", voici donc "Arnaques, crimes et botanique 3 : RocknRolla". Pour l'effet de surprise, on repassera.

Est-ce que le résultat est désagréable pour autant ? Non. Quand on a aimé les films de Guy Ritchie, on apprécie de se retrouver en terrain connu. On sourit à l'apparition de chaque nouveau personnage déjanté, on anticipe avec délectation les emmerdes qui vont s'accumuler et on approuve sans réserve la bande-son soignée, comme toujours. Mais on cherche en vain l'incroyable inventivité dans la construction et la maestria de la réalisation que l'on avait tant admirées dans le passé. Les effets tombent à plat, les filtres de couleur lassent et le labyrinthe de l'intrigue n'aboutit pas au Final héroïque qu'on espérait.

"RocknRolla", finalement, est un peu fainéant. Mais il est aidé par un casting très efficace, dans lequel on a le plaisir de retrouver Idris Elba, le Stringer Bell de la série "Sur Ecoute / The Wire", et Mark Strong, déjà remarqué dans "Mensonges d'Etat".

"RocknRolla", un film de Guy Ritchie, en salles depuis le 19 novembre 2008.

 

Ivan Le Fou
20/11/08 14:26 Guerre et Pègre | livre
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Voilà un moment que je cherchais une occasion de vous parler d'Arturo Pérez-Reverte, ancien journaliste espagnol devenu auteur de best-sellers, sans trouver d'alibi valable : sa série consacrée aux aventures du Capitaine Alatriste se déroule en effet au 17e siècle, ce qui cadre difficilement avec le thème de la chronique "Guerre et Pègre". Et puis j'ai découvert, planqué derrière les rideaux sales de mon ignorance crasse, que ce bougre d'hidalgo avait aussi écrit de soit-disant "thrillers". Qu'à cela ne tienne, il ne me restait plus qu'à en lire un, à en causer ici et à en profiter pour dire deux mots de ses autres écrits. Exécution !

Première étape : lecture de l'édition de poche du "Tableau du maître Flamand". Ce roman d'Arturo Pérez-Reverte date de 1990, mais qu'importe, il a eu un tel succès qu'il est réédité et facile à trouver. Facile à trouver, mais pas facile à finir… c'est là qu'intervient l'étape deux.

Deuxième étape : pousser un soupir de soulagement une fois tournée la dernière page, et rassembler ses pensées. Ainsi donc Julia, jeune restauratrice en œuvre d'art, travaille sur un tableau hollandais qui doit être nettoyé avant sa prochaine vente aux enchères. Le tableau représente deux joueurs d'échecs observés par une jeune femme, et notre héroïne découvre bientôt que le peintre a camouflé à l'époque sous une couche de couleur supplémentaire une mystérieuse inscription : "Qui a pris le cavalier ?". Celle-ci se rapportant manifestement à l'assassinat d'un des joueurs représentés, Julia mène l'enquête pour résoudre ce crime vieux de plusieurs siècles en faisant appel à un spécialiste du jeu d'échecs. Tout se corse lorsque de nouveaux crimes ont lieu, apparemment liés au tableau et à l'échiquier.

Il y a les personnages un peu bancals, l'intrigue assez bas de gamme, le super mystère de l'échiquier qui fait un peu pitié dès lors qu'on sait au moins déplacer les pièces, le dénouement final qui mérite à peine plus qu'un bâillement poli, bref déjà plein de bonnes raisons de lire autre chose. Mais le principal, c'est qu'on s'ennuie plus qu'à une partie de curling en plein brouillard : tout est mou, et en particulier le style.

Troisième étape : enchaîner habilement sur les aventures du Capitaine Alatriste. En qualité d'immense fan d'Alexandre Dumas, lorsque mon libraire m'alerte sur une série de romans d'aventures qui relève du même esprit, je déverse immédiatement un torrent de salive, avant de m'excuser pour la pile de BHL-Houellebecq ainsi gâchée. Pensez donc : des hidalgos ! des duels à l'épée ! des intrigues de cour ! de la pasión ! de la Sainte Inquisition !

Hélas, ma deceptión, pour ne pas dire ma consternatión, fut grande et je me suis contenté des deux premiers volumes ("Le capitaine Alatriste" et "Les bûchers de Bocanegra", tous deux en livres de poche, écrits gros, interligne double). Non seulement il ne se passe pas grand chose, mais en plus on ne retrouve ni le souffle ni la jubilation qui font des romans de Dumas de purs bonheurs de lecteurs. Alors, je vous en conjure, ne vous fiez pas aux films ou aux séries que vous auriez pu voir : si vous n'avez jamais lu "Les trois Mousquetaires", vous avez une chance incroyable de pouvoir découvrir ce chef-d'œuvre pour la première fois, alors foncez !

Conclusion : Et dire que j'en suis réduit à acheter un mauvais thriller paru il y dix-huit ans dans l'unique but de vous parler in fine d'Alexandre Dumas…

"Le tableau du maître flamand", un roman policier pas bien d'Arturo Perez-Reverte, en Livre de Poche, 6 euros environ.

"Les trois mousquetaires", un grand roman qu'il est formidable d'Alexandre Dumas, en Livre de poche aussi, 6 euros environ aussi.

 

Ivan Le Fou
18/11/08 15:30 espionnage | film | Guerre et Pègre
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Acheter une place de cinoche, c'est un peu comme jouer au Tiercé, en plus cher. Avec l'affiche du film, vous connaissez certains des chevaux partants, mais allez savoir l'état du terrain ou ce qu'ils vont donner sur cette course en particulier…

Au début, avec Ridley Scott, on pouvait jouer quasiment 100% gagnant : "The Duellists", "Alien", "Blade Runner" … trois chefs- d'œuvre d'affilée. Mais à partir du milieu des années 80, la Ridley's cote a changé. De nos jours, c'est quasiment du deux contre un : du très bon ("Thelma et Louise", "Gladiator" ou "American Gangster" par exemple), mais aussi quelque fois du bien mauvais ("G.I. Jane", "Hannibal", "Une grande année"…), avec le cas particulier de "La chute du faucon noir", que je qualifierais personnellement de bon film qui pue.

Avec "Mensonges d'Etat" ("Body of lies" en VO), le gars Ridley s'aventure sur des terres déjà explorées par son frère cadet, le gars Tony, à savoir le territoire de l'espionnage à haute teneur en technologies : on se souvient du quasi-visionnaire "Ennemi d'Etat" (Will Smith et Gene Hackman) et du moins reluisant "Spy Game" (Brad Pitt et Robert Redford).

Sur la forme, on a affaire à un film d'action moderne super-efficace, dans le rythme et la lignée des Jason Bourne. Ce qui n'est finalement pas très étonnant quand on examine l'équipe de fidèles qui a entouré le réalisateur : le directeur de la photo, Alexander Witt, est un spécialiste des films d'action dont il dirige souvent la seconde équipe de réalisation ("Speed", "Twister", "The Bourne identity", "xXx", ou encore "Casino Royal" entre autres); le monteur, l'italien Pietro Scalia, a travaillé sur tous les derniers films punchy de Ridley Scott ("American Gangster", "Hannibal", "Gladiator", "La chute du faucon noir") et même obtenu l'Oscar pour ce dernier. Si en plus vous mettez au script un des scénaristes star du moment, William Monahan (c'est lui qui a écrit la version américaine des "Infiltrés" de Scorsese et obtenu l'Oscar du meilleur scénario adapté), vous avez peu de chances de vous planter. Et en effet, ça déménage pas mal, avec explosion et effets spéciaux pleins les poches, surtout dans la première partie du film, très prenante.

Sur le fond, le constat est plus mitigé. Leonardo DiCaprio, agent de terrain de la CIA engagé dans la lutte contre Al-Quaida, est donc en butte à l'arrogance et l'inconscience de son supérieur de la CIA, Russell Crowe, qui le met en danger et sabote le boulot par son manque de subtilité. Apparemment, le réalisateur et son acteur principal, Leonardo DiCaprio, considèrent que "Mensonges d'Etat" est un film "politique". Et c'est là que le bât blesse un peu.

Certes il s'agit du terrorisme islamique, du Moyen-Orient, des méthodes de la CIA et plus généralement de la façon dont les Etats-Unis agissent à travers le monde, en l'occurrence brutalement et sans tenir compte d'autrui. Pour autant, l'analyse ne se risque pas plus loin et on est à des années lumière d'un "Syriana" par exemple. C'est dommage, parce qu'il y avait de quoi faire un très bon film à la "Blood Diamond", où la forme du film d'action sert à exposer un problème politique (ou même géopolitique) de façon bien plus efficace que les prêchi-prêcha habituels.

On retiendra quand même un bon divertissement, où DiCaprio est à nouveau excellent dans le rôle du baroudeur avec une conscience, et où l'on découvrira la grande classe de Mark Strong dans le rôle du chef des services secrets Jordanien. Celui-là, on le reverra forcément.

"Mensonges d'Etat", un film de Ridley Scott, sur vos écrans depuis le 5 novembre.

 

Ivan Le Fou
30/10/08 17:07 Guerre et Pègre | livre
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J'ai beau, en matière de polar, être gravement américanophile, il m'arrive de faire des exceptions, de lancer des coups de sonde vers des auteurs venus d'autres univers et même parfois d'y prendre plaisir. Si, si.

Bon, j'avoue, c'est rare.

Il faut dire qu'hormis John le Carré, je rechigne devant les auteurs anglais; qu'excepté Stieg Larsson et sa trilogie "Millenium", les nordiques me laissent froid; et que malgré toute ma bonne volonté, les quelques romans italiens ou espagnols qu'on a tenté de me faire découvrir prennent la poussière sur une étagère.

Les français, Fred Vargas mise à part parce qu'elle est… très à part, me déçoivent autant que les autres et pourtant, j'aimerais tellement trouver un bon auteur de mon pays, un dont je guetterais les parutions avec impatience, comme je guette celles de Dennis Lehane, de Michael Connelly, de Richard Price ou, évidemment, de James Ellroy, mais sans le délai supplémentaire dû à la traduction.

Et c'est en fan d'Ellroy que je me suis fait avoir par ce "French Tabloïds", un roman noir, politique et français de Jean-Hugues Oppel. Le titre est un lourd clin d'œil à "American Tabloïd", chef-d'œuvre du maître, et le dos du bouquin en rajoute une couche pachydermique dans la filiation revendiquée. En prime, comme si cela ne suffisait pas, le livre lui est dédié, "fort modestement", prétend l'auteur. On peut se permettre d'en douter.

Le principe était pourtant alléchant : revisiter l'année de campagne électorale qui a précédé les élections présidentielles de 2002 (rappelez-vous, Le Pen au deuxième tour, tout ça…) à travers plusieurs personnages impliquées volontairement ou nom dans une vaste manipulation visant à assurer la réélection de Chirac. On suit donc un commissaire des RG, un barbouze mercenaire, un cabinet de "Spin-doctors" chargés de préparer l'opinion, une lieutenant de police à qui l'on met des bâtons dans les roues, et un pauvre type solitaire sérieusement poujadiste qui finira en dindon de la farce.

Du maître Ellroy, Jean-Hugues Oppel copie la construction en chapitre courts et, pense-t-il, le style bref et saccadé. Hélas, son univers tout à fait banal n'a pas le souffle de son modèle, cette Amérique des années soixante entièrement revue et fantasmée par Ellroy, qui grouille et transpire à chaque page jusqu'à devenir un personnage à part entière. Les personnages d'Oppel vaquent vaguement à leurs occupations mystérieuses, sans nous faire bénéficier d'aucun des détails qui font pourtant la crédibilité et le sel de ces machinations politico-médiatiques. Comment les spécialistes de PLM Consulting obtiennent-ils des médias l'attitude qu'ils recherchent ? Comment le barbouze parvient-il à manipuler sa victime ? L'auteur esquive toute explication pour mieux nous abreuver de compilation sans fin reprenant les "gros titres" des journaux de l'époque. Alors on s'ennuie ferme dans l'espoir qu'un rebondissement final donnera un sens à tout cela. Peine perdue.

Il parait que ce roman a obtenu le prix "Mystère" de la critique en 2006. Voilà un prix qui porte bien son nom.

"French tabloïds", un roman de Jean-Hugues Oppel dans la collection de poche Rivages-Noir, environ 10 euros.

NB : Cette chronique prend une semaine de vacances pour cause de séjour à la campagne avec du wifi pourri dedans.

 

Ivan Le Fou
28/10/08 12:02 Guerre et Pègre | livre
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"Carl Hiaasen ? Oh non, y en a un peu marre des auteurs scandinaves…"

J'ai testé pour vous, voilà la meilleure façon de se ridiculiser auprès de son libraire préféré. S'il est de bonne humeur, le-dit libraire vous expliquera patiemment que Carl Hiaasen est américain, un peu déjanté et que vraiment, vous devriez essayer. Et au bout du compte, si vous suivez son conseil avisé, vous allez vous trouver devant un bon roman policier à l'américaine.

Evidemment, les règles de fabrication sont assez simples : le "meurtre" de départ intervient bien dans les dix premières pages (à la première ligne en l'occurrence, comme ça "Voilà, ça, c'est fait" s'est dit l'auteur); les descriptions et introspections sont limitées au minimum syndical; la fréquence des dialogues est maximale; les personnages sont extrêmement "visuels" (la belle blonde sportive, le vieux briscard ancien flic, l'industriel vulgaire et sans scrupules, etc.); bref, on a sérieusement l'impression que c'est écrit pour être facilement transposable à l'écran.

Mais après tout, qu'importe : le style très ironique de Hiaasen ne manque pas de chien, il aime les situations absurdes et l'humour n'est jamais absent très longtemps. Du coup, on se laisse porter facilement par l'histoire de Joey, une jeune femme qui se demande bien pourquoi son con de mari a décidé un beau jour, semble-t-il sans raison, de la jeter par dessus bord en plein milieu de leur croisière anniversaire.

"Queue de poisson", un roman de Carl Hiaasen, collection 10-18, environ pas cher.

 

Ivan Le Fou
23/10/08 10:30 Guerre et Pègre | livre
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Sorti en juin dernier, acheté aussitôt, le dernier opus de Fred Vargas a longtemps été porté disparu quelque part dans le sac de ma femme. Mais une fois déterré, hop, lu en trois jours. Cette fois-ci, de Londres jusqu'en Serbie, Adamsberg traque un ou plusieurs tueurs et se prend les pieds dans les profondes racines historiques de la légende des vampires.

Faut-il présenter Fred Vargas ? Entre ses ventes phénoménales (400 000 exemplaires pour "Dans les bois éternels", 800 000 pour "Pars vite et reviens tard") et l'adaptation au cinéma très médiatisée de ce dernier (vilain film de Régis Wargnier avec José Garcia), il y a des chances que vous ayez entendu causer de cette romancière française.

En ce qui me concerne, baisse de régime de l'auteur ou lassitude momentanée du lecteur, les deux dernières enquêtes du commissaire Adamsberg ne m'avaient pas emballé plus que ça. Faute d'y retrouver, je crois, la curieuse liberté qui faisait pour moi le charme des précédents. Du coup, les situations et les intrigues me semblaient forcées, tirées par les cheveux.

Il faut dire que c'est un charme fragile, celui qui tient ensemble les pages d'un Vargas. Délibérément dos-tournée au soucis de réalisme qui équipe une partie de la littérature policière (que ce soit en termes de précision technique, de description professionnelle ou de contexte social), elle a construit petit à petit son propre genre, une forme de "fantaisie policière", où les personnages ne sont pas enfermés dans leurs fonctions. Aucune brigade ne fonctionnera jamais comme celle du commissaire Adamsberg, qui d'ailleurs n'a absolument rien d'un commissaire de police.

Alors si on se laisse prendre, c'est uniquement grâce à ce style léger, discret mais taquin, qui donne leur magie aux personnages et fait vivre leurs rapports curieux, entre ce que sont les hommes et ce qu'ils pourraient être. Vargas refuse de suivre la partition du roman noir. Ce qui ne l'empêche pas de rejouer sans fausses notes les sombres pulsions qui traversent l'humanité, ou l'imprégnation du présent par le passé, toujours lourde de conséquences.

Pour ceux qui connaissent déjà, allez-y, c'est à mon avis un assez bon cru. A ceux qui pourraient le découvrir à cette occasion, je conseille de commencer par un des premiers romans, par exemple "Debout les morts" ou "L'homme aux cercles bleus", et de ne pas se forcer : si l'univers un peu particulier ne prends pas sur vous, laissez tomber, c'est inutile d'insister.

"Un lieu incertain", un roman policier de Fred Vargas, aux éditions Viviane Hamy, 18 euros environ.

Ivan Le Fou
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Ici l'on cause flic ou voleurs, gendarmes et voyous, faits divers avariés, arnaques, crimes et stylistique. Vous l'aurez compris, cette chronique est entièrement dédiée au genre "Policier" en pages, en bulles, et sur grands ou petits écrans.